Récidives multiples et extension endocrânienne d’un carcinome épidermoïde du cuir chevelu les limites de la prise en charge multidisciplinaire Rubrique Article

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Yasmina BOUDJELOUD
Nawel HABCHI
Souhil TLIBA
Djamila MENDJEL
Djaffar BACHA

Résumé

Introduction : Le carcinome épidermoïde (CEC) cutané du cuir chevelu est une tumeur dont l'extension endocrânienne est rare mais redoutable, engageant le pronostic neurologique et vital. Nous rapportons un cas illustrant les difficultés de prise en charge malgré une approche multidisciplinaire conforme aux recommandations internationales.


Observation : Un homme de 55 ans, marié, père de quatre enfants, aux antécédents de schizophrénie, a été opéré en 2025 pour une lésion ulcéro-bourgeonnante de la région pariétale gauche évoluant depuis l'enfance. Une première exérèse réalisée par l'équipe de chirurgie plastique a conclu à un carcinome épidermoïde infiltrant kératinisé avec marges latérales saines. À cinq mois, une récidive rapide (4 × 3 cm) a motivé une deuxième intervention, avec résection osseuse et raclage dure-mérien en neurochirurgie . Un mois plus tard, le patient a développé un déficit moteur droit et une aphasie, associés à une réapparition rapide de sa lésion du cuir chevelu. L'IRM cérébrale a objectivé une lésion intracérébrale pariétale gauche de 45 × 30 mm. Une troisième intervention, réalisée en collaboration avec l'équipe de chirurgie plastique, a permis une exérèse large et une reconstruction par lambeau de rotation. Le cas a été discuté en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP), où la seule alternative thérapeutique retenue a été une radiothérapie palliative. À deux mois de la dernière chirurgie, le patient est stable.


Conclusion : Ce cas de stade IV (T4 a selon l'AJCC 8e édition) démontre les limites de la prise en charge chirurgicale multidisciplinaire face à un CEC du cuir chevelu d'agressivité exceptionnelle, malgré le respect des recommandations internationales. L'immunothérapie, aujourd'hui recommandée en première ligne pour les formes avancées inopérables, n'a pas pu être proposée en raison du terrain psychiatrique, soulignant un manque de données dans la littérature.

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