NEUROCHIRURGIE NÉONATALE ET THROMBOPÉNIE Gestion de deux Complications Hémorragiques Rubrique Article
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Résumé
Introduction : La thrombopénie néonatale sévère est une situation rare mais à haut risque, en
particulier lorsqu’elle est diagnostiquée uniquement en post-partum après un accouchement
par voie basse. Elle expose le nouveau-né à des hémorragies intracrâniennes ou sous-galéales
pouvant engager le pronostic vital ou fonctionnel, et qui nécessitent le plus souvent une
correction hémostatique urgente, voire une prise en charge neurochirurgicale.
Objectif : Décrire deux observations de nouveau-nés thrombopéniques nés par voie basse,
compliqués respectivement d’une hémorragie intraventriculaire avec hydrocéphalie et d’un
hématome sous-galéal extensif, et discuter, à partir de ces cas, l’intérêt d’une stratégie
périnatale anticipative (dépistage anténatal, choix de la voie d’accouchement, préparation de
produits sanguins, imagerie précoce) afin de prévenir ces complications.
Observations : Le premier nouveau-né a présenté à J3 une hémorragie intraventriculaire
abondante avec début d’hydrocéphalie objectivée à la TDM cérébrale, dans un contexte de
thrombopénie sévère ; il a été traité par transfusion plaquettaire puis dérivation ventriculaire
externe, avec une évolution secondairement favorable malgré un épisode d’aggravation
radiologique intermédiaire. Le second nouveau-né, cliniquement stable sur le plan
neurologique mais porteur d’un hématome sous-galéal étendu, présentait également une
thrombopénie néonatale et a bénéficié d’une correction plaquettaire suivie d’une évacuation
chirurgicale, avec évolution simple.
Conclusion : Ces deux cas montrent que, chez le nouveau-né thrombopénique, le facteur
déterminant n’est pas uniquement la technique neurochirurgicale mais le timing du diagnostic.
Lorsque la thrombopénie est suspectée ou connue en anténatal, la césarienne prophylactique,
la disponibilité immédiate de plaquettes et la surveillance néonatale avec TDM précoce
permettent probablement de réduire la fréquence et la gravité des hémorragies. L’intégration
de ces mesures dans un protocole interdisciplinaire obstétrique–néonatologie–neurochirurgie
devrait être recommandée dans les centres où les accouchements à risque sont pris en charge.